Reconnaissance du Kosovo par le CIJ: un acte de « violence juridique » dit Milorad Dodik


Le Premier ministre de la Republika Srpska Milorad Dodik a qualifié jeudi l’avis de la Cour internationale de justice (CIJ) sur l’indépendance du Kosovo de « violence juridique » et d’ »humiliation pour la Serbie ».

« C’est une nouvelle humiliation pour la Serbie », a déclaré M. Dodik cité par l’agence SRNA.

« C’est un nouveau message pour les Serbes que la politique de la force est la seule à avoir du succès, que la politique de la violence juridique peut légaliser des choses qui

Milorad Dodik

jusqu’à récemment étaient impossibles, qu’une partie du territoire d’un pays fasse sécession et que cela ne soit pas contraire au droit international », a déclaré M. Dodik.

La CIJ a conclu jeudi que la déclaration d’indépendance du Kosovo n’avait pas violé le droit international, mais la Serbie a aussitôt réaffirmé qu’elle ne l’accepterait jamais.

A ce jour, 69 pays, dont les Etats-Unis, et 22 des 27 membres de l’Union européenne ont reconnu le Kosovo.

L’avis de la CIJ était suivi de près en Bosnie où les responsables serbes ont à plusieurs reprises brandi la menace d’un référendum sur l’indépendance de l’entité serbe.

M. Dodik n’a, par ailleurs, pas exclu cette possibilité. « En RS, nombre de personnes ne sont pas satisfaites par notre présence au sein de la Bosnie, mais nous lutterons pour le maintien des solutions prévue par les accords (de paix) de Dayton », a déclaré M. Dodik, cité par SRNA.

« Toutefois, nous ne pouvons exclure des combats politique additionnels pour un statut (de la RS) qui ne serait pas contraire au droit international comme cela a été défini par la CIJ », a-t-il dit.

Jeudi, la présidente de la chambre haute du Parlement central de la Bosnie-Herzégovine Dusanka Majkic, une Serbe, a estimé que l’avis de la CIJ ouvrait la voie à l’indépendance de la Republika Srpska.

« Aussi Douloureuse qu’elle soit, cette décision (de la CIJ) peut être interprétée comme une possibilité pour la RS de suivre, si elle le décide, la même voie et d’obtenir le soutien qui cette fois a été accordé au Kosovo », a-t-elle déclaré citée par l’agence SRNA.

Depuis la fin de la guerre (1992-95), la Bosnie est composée de deux entités, la Republika Srpska et la Fédération Croate-musulmane, unies par de faibles institutions centrales.
(AFP)

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